dansedélicat

Il y a des morceaux de musique qui ne rentrent pas en club parce qu’ils ne frappent pas fort comme les autres. Pourtant ces morceaux sont puissants, profonds, fous, et me font souvent danser comme un dingue.
Cette fois, c’est pour eux. Et tu n’as plus qu’à construire ta boîte de nuit pour les accueillir. Que tu sois allongé•e, debout, assis•e, avec un casque, une grosse sono, seul•e, ou en bonne compagnie, sobre ou complètement ivre de joie.

Un DJ Set proposé par martin et anna-anna

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Pierrette et compagnie

Ce projet a débuté suite à une découverte au hasard d’un coin de rue : celui d’une boutique de chaussures dont l’enseigne affichait le prénom de ma mère. Or, au bout de cette même rue se trouvait celui de mon père.

Pour compléter le clan familial, j’ai donc forcé le destin en errant dans google street et découvrant sur place des morceaux de Paris inexplorés.

En résulte une série d’illustrations, comme une recherche d’ancrages familiers dans la jungle capitale.

Alexis Klein – 2018

 

Le marronnier

Le marronnier.

Je peux pleurer et rire dessous.

Ce jardin est devenu une jungle. Une jungle reposante même si les voisins, d’un côté sont morts et que je ne connais plus les autres de l’autre.

Ce n’est plus chez moi mais c’est totalement chez moi. Par cœur. Par cœur le cliquetis de la grille, les grincements de portes et de parquet, le gravier sous les pieds. Par cœur l’emplacement des pivoines, des iris, du noisetier. Par cœur, la maison à côté. Celle qui renferme des bouts d’enfance, de déménagements et de départs. Celle qui n’est pas roseau et ne ploie pas.

Par cœur la lumière à travers les rideaux, l’odeur de soupline et quelques bougies disséminées.

Par cœur et puis : la peinture change, les dessins finissent enfin encadrés, je n’ai plus de chambre de l’enfance mais un espace grand et bien meublé. Au milieu des cadres retrouvés, dans le bureau de mon père, il y a un portrait. Lui et sa sœur, jeunes, côte à côte, en noir et blanc, bien fagotés. Ma tante. Cette photo me rappelle que mon père n’a plus de famille nucléaire et ça me donne envie de pleurer. Cette photo me dit aussi tout l’amour et ma douce tante est là, sous les toits pendant que je sue sous un velux en tentant de pédaler sur un vélo d’intérieur. Mélange des genres. La bibliothèque des classiques et les photos de ma sœur. On est tous•tes là mais les années nous décalent.

Vous l’aurez compris, je suis chez moi, dans mon passé, dans une bulle qui pourtant a éclaté.

Le marronnier grandit, lui, fleurit, repousse les limites. Il est mon printemps préféré. Ma nostalgie végétale, mon âme d’enfant dans ce jardin qui a tout vu, tout entendu. Me faire absorber, par ce marronnier.
Après tout, je suis une enfant du printemps.