Pleure (pas), ça va aller

Les yeux rouges comme des groseilles mûres mais acides, je ravale mes larmes. C’est salé, alors forcément, ça brûle la gorge et les mirettes. « Tu pleures pas quand même ? » (insérez ici un petit air indigné).

Je pleure beaucoup et souvent, qualitativement et quantitativement. Je pleure à la réalité qui débarque, à l’imaginaire qui n’est pas là. Chez moi ou au cinéma, devant la mer ou dans un livre. Je pleure du corps lorsque je me cogne, de l’âme lorsque je me rassure. Heureux à faire des bonds ou triste à me recroqueviller au sol, dans mes colères les plus écarlates et dans mes peurs les plus livides : je pleure. Alors quand on me dit « Arrête de pleurer », j’entends « arrête d’être ».

Mézigue quand on me somme d’arrêter de pleurer.

Grand sensible ou petite chose fragile ce moi qui pleure pour mille raisons ? Les deux, cap’taine. Et ça me va. S’empêcher d’exprimer ses émotions, c’est de la prison sociale. Alors évidemment, pleurer en public, c’est mal vu. On se cache derrière des lunettes de soleil, un sourire maladroit, on serre les poings dans les poches et on essaie d’avoir une contenance. Mais quand on se retrouve tout.e prêt.e à déborder, pourquoi se retenir encore de déverser ses larmes ?

Même les Princesses chialent leur race. Et oui.

Éclatez donc en sanglots, frottez-vous les paupières en maudissant la tristesse ou bien en célébrant la joie, en gueulant vos avis contraires et en morvant un bon coup. Explosez votre budget Kleen*x, tartinez-vous les poings de mascara-je-croyais-qu’il-était-waterproof et ne vous arrêtez pas avant d’avoir bien tout éclusé. S’il y a du monde autour, ni tant pis ni tant mieux : vous d’abord. Qu’on vous prête une épaule tendre ou qu’on vous lance un regard moqueur : qu’importe. Se débarrasser du trop plein n’est ni un crime, ni un spectacle : pas de jugement et pas de censure, pleurer ne fait de mal à personne, au contraire. Ce n’est pas une faiblesse que d’avoir des émotions pleines de force, ni une honte de les montrer. Soufflez bien fort comme dans un éthylotest, et si ça saoule quelqu’un.e, qu’il aille boire ailleurs. S’il vous faut une pause, prenez là, cela vous permettra de reprendre sereinement votre route. Pleurer si vous en avez envie, besoin : ainsi vous arroserez les graines de demain.

Publicités

8 réflexions sur “Pleure (pas), ça va aller

  1. Tiens toi aussi tu aimes arroser ton entourage ? Comme tu dis pleurer en public c’est mal vu … combien de fois, au travail, j’ai dû aller dans les toilettes pour verser une petite larme, ou prétendre que « c’est mon allergie qui me fait pleurer les yeux ».
    Mais bon, ça ne se soigne pas, alors je pleure aussi au ciné, devant les infos, quand je me ramasse par terre, quand je suis fatiguée, quand je suis super contente, quand je suis émue … et les autres finissent bien par s’habituer 😀

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s