Ajourer le destin

Pire encore que de foncer droit dans le mur, poser les briques pour mieux s’y jeter. Il est des hasards dont on se relève et d’autres qui nous laissent au sol, hagard.es. Tant pis pour la superbe lorsqu’on n’a pas la force de faire des pieds et des mains, dire merde au sol trop proche et accueillir les étoiles pourtant trop loin: ramper sur le chemin.

Se défaire comme une mue de cette peur de ralentir, laisser derrière soi ce qui nous étouffe à fleur de peau, perdre le rythme de croisière face aux tempêtes, mais continuer d’avancer. On prend racine à croire que nos vies sont des tragédies. Alors les peines évidemment, plus que Dupont, moins que Durand. Mais à tisser des liens entre nos histoires, on se tricote un obligatoire qui gêne aux entournures. Lorsqu’on ne digère pas les poisons qu’on a ingurgités, on les recrache dans la coupe de la voisine, du voisin. Et quand elle est pleine, rebelote.

L’humain a pourtant mille valeurs s’il sait tenir ses cartes dans le bon sens. Faire du poison un antidote, et puis passer la recette. Escalader nos murs pour que les empêchements ne soient pas des renoncements, courte-échelle vers la tête haute. Cesser de se blâmer d’avoir laissé entrer dans notre vie celleux qui ont laissé des traces dont on se serait passé ; mettre des paillassons, faire ôter les chaussures, voir les gens entrer encore, à tâtons ou même en courant. Et ne jamais plus avoir honte de vouloir être heureux.se. Tirer des traits sur ce qui nous retient de nous approcher de ce bonheur : des rayons qu’on lance autour de soi pour être un peu soleil, ne serait-ce qu’un instant.

Refuser de goûter aux tragédies familières pour n’en déguster que les catharsis.

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