Santé !

Je me rappelle d’un enseignant qui en demandant à son groupe de TD ce qu’on avait à souhaiter pour la nouvelle année (c’était 2014, cette fois-là) m’avait ri au nez d’être si ringarde en lui souhaitant la santé. Je n’ai pas oublié car en 2014, la mère d’une camarade est décédée d’un cancer. En 2010, un ami s’est suicidé parce que la maladie avait définitivement pris toute la place dans son corps et que son esprit n’avait plus d’espace vital. Cet été, ma grand-mère est morte. Je pourrais dire de vieillesse ou de sa belle mort mais je n’y arrive pas. Je ne trouve plus cela joli, la mort. Ça rend le corps tout sec et laisse les cœurs meurtris.

Ce n’est pas ringard, la santé. C’est même une générosité toute particulière. Take care qu’il disait, le copain qui avait mal tout le temps. Take care. Prendre soin des autres en leur souhaitant le meilleur, le vivable, le corps en un seul morceau, c’est beaucoup. C’est notre humanité qui tient dans le palpitant, dans les fourmis au bout des doigts, dans l’éternuement post exposition au soleil.

© Justine Dauphin
© Justine Dauphin

Les résolutions, j’ai comme l’impression que ce sont des promesses qu’on se fait pour mieux se flageller de ne pas les avoir tenues. La quête de la performance qui annihile le petit être innocent en nous. Soif de douceur et de bienveillance. Pourquoi ne fait-on pas à notre hauteur ? Pourquoi cherche-t-on toujours à tomber de l’escabeau pour être sûr-es de se péter les deux rotules ?

Si les résolutions se transformaient en élans, inspirations, désirs, envies, rêves ? Si nous tracions ensemble les traits d’une vie plus riche, plus simple, pleine d’angles ronds et de coussins moelleux ? De la musique puis du silence. Des tintements de verres et des couchers de soleil. Des fêtes et des livres tout au fond de la couette. Les mésanges, la politesse, les voyages (géographiques ou intérieurs), les bourgeons et puis les cerises quand l’été est décidément bien installé.

Peut-être que mes vœux ici sont des cris et des poignées de mains mal assurées, tout pourvu que ça circule, que ça s’imprègne et que ça vous nourrisse, ne serait-ce qu’un peu. Un peu de colère, de joie, d’innocence.

© Justine Dauphin
© Justine Dauphin

D’où que vous veniez, par amitié, curiosité ou par soif de nouveaux horizons, je vous aime. Je ne vous remercierai jamais assez d’entretenir la petite émotive que je suis et de participer à ce monde qui ne tourne pas bien rond. Bonne année, il paraît.

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