Broutille

Je suis une broutille heureuse. Tout à l’heure, sur mon vélo, j’ai pensé à beaucoup d’entre vous. Mes ami-es d’enfance, de passage et de toujours, vos regards, vos mots, vos estimes. Vous, croisé-es au détour des voyages, des déménagements, des aléas. Au détour de la rue pour ne parfois plus jamais vous recroiser sans pour autant vous oublier. J’ai eu envie de pleurer de peur de vous perdre un jour et de ne pas vous avoir dit assez « buvons, aimons, révoltons-nous » ou de vous l’avoir trop dit car c’est bien connu, je parle beaucoup.

Je suis une p(l)eureuse. Vos compliments me gonflent d’orgueil, d’amour, de joie. Avec vous, avec moi, j’apprends à aimer, m’aimer, résister. J’apprends à vivre. Vos regards et mon existence qui vibre.

J’ai encore envie de pleurer. J’ai déjà vu ce que ça faisait de perdre quelqu’un, brutalement, sans autre forme de procès. Les adieux, ça ne devrait être que pour les gens qui ne nous méritent pas (iels sont assez nombreux-ses comme ça !). Pour les autres, du coton, des oreillers moelleux, des douceurs, du sucré et des ponts. C’est bien, les ponts.

J’ai peur, donc. Peur des éloignements géographiques, des mots qui s’amenuisent, de l’éphémère, de cette hypersensibilité qui exploite mes glandes lacrymales. Je vous voudrais là, devant moi, les passés, les présents, les futurs, les instantané-es et je voudrais vous aimer intensément, brutalement, vous garder là, égoïstement.

Il y en aura toujours pour m’insulter, me juger. Iels essaieront toujours de m’annihiler, de me faire taire. Seulement, il y aura vous, les surnoms, les rires, les costumes et les larmes, aussi. Il y aura vous, moi qui monte sur mes grands chevaux et vous pour suivre ou mettre le holà. Y’en aura pour me dire que je peux le faire, pour me frôler les épaules ou s’élancer dans mes bras. Il y aura toujours des mots tendres, de la bienveillance autour de moi. On récolte ce que l’on sème, dirait l’autre.

Il y en aura toujours pour commenter mes boucles d’oreilles, mon rouge à lèvres ou une nouvelle robe, pour me toucher la nuque et pour me regarder d’un air entendu. Il y aura vous. Voilà pourquoi j’ai tant peur de vous perdre. Vous êtes si nombreux-ses dans l’extraordinaire et la bonté.

Je m’efforce au présent mais c’est si court, vingt-quatre petites heures. Vous visitez mes rêves, je vous cherche, parfois. Vous croiser par hasard ou organiser nos rencontres. Vous sourire ou laisser couler mes larmes.

A la bière, au bon vin ou à la piquette de supermarché, je trinque. Dans l’adversité ou la joie pure, je vous vois. Je suis une broutille heureuse. Vous êtes mes chimères, mes ami-es, mon sang, ma soif de vivre. Je vous dois tout car chaque jour, vous me nourrissez. Mes nourritures terrestres.

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